dimanche 17 décembre 2017

Se réconcilier avec son corps...

J'ai 44 ans.
A 17 ans j'ai connu mon premier épisode anorexique.
A 16 ans je me sentais terriblement mal. Grosse, sans amoureux, et en pleine crise d'amitié.
J'étais pourtant une jeune fille normal au niveau du poids. Mais j'étais obsédé par deux choses :
- mes mollets de cycliste,
- mon ventre rond.

Alors j'ai voulu "prendre ma revanche" (c'est comme ça que je me le suis formulée) et j'ai maigri.
C'était trop facile ! Et au début le résultat m'a donné pleinement satisfaction.
La perte de poids a fait de moi une adolescente mince et qui plaisait. J'ai assez vite eu un amoureux aux beaux yeux bleus (sérieux puisqu'on est resté 10 ans ensemble).
Et puis quand je suis partie en fac, j'ai basculé vers la boulimie et son enfer.

L'alternance anorexie-boulimie a duré... 15 ans.
Je m'en suis sortie grâce à une psychothérapie, un travail corporel, de belles rencontres...

Mais, il restait encore ces complexes.
Je vivais avec, mais mon ventre rond restait un point sensible.

Jusqu'à ma grossesse récente.
Pour le Petit prince, j'ai vécu la transformation de mon corps comme un passage obligé. Je n'ai pas kiffé plus que ça. J'avais acheté deux pantalons et une combinaison. J'ai continué à mettre mes vêtements normaux en haut. Point barre.

Pour la Valkyrie, j'ai assisté, fascinée, à cette même transformation. J'ai photographié encore et encore ce ventre qui me disait que mon souhait d'avoir un autre enfant se réalisait enfin.
J'ai acheté des vêtements de grossesse qui me mettaient en valeur, qui sublimait ce ventre rond puis très très rond.
Point de tunique flottante, des ti-shirts moulants !!

Après l'accouchement j'ai observé mon utérus qui doucement rapetissait. Mon ventre est passée d'une belle forme d'amphore, un peu comme le ventre des statues égyptiennes d'Akhénaton, à un tout petit renflement.

Statue Akhenaton - Musée du Caire
http://www.passion-egyptienne.fr/Akhenaton.htm
Quel est le con qui a pondu le diktat du ventre plat ?
Franchement !! Un ventre féminin c'est rond, c'est doucement renflé comme la promesse d'un nid.
Comme un cocon douillet.

J'ai donc mis 44 à aimer mon ventre et sa forme. A ne plus le camoufler sous des tuniques larges et flottantes, sous des robes taille haute... Non seulement je l'assume, mais je le trouve beau. Tout auréolé de son nouveau statut : faiseur de miracles puisque faiseur de mes bébés !

Et puis il parait que c'est un signe de bonne santé émotionnelle (selon Femme Actuelle), alors...


dimanche 10 décembre 2017

Ca sent le sapin #10dumois

Et oui décembre sent le sapin chez moi...
Au propre comme au figuré !
Sapin de noel

Au propre, parce que je déteste les sapins artificiels et que j'adore l'odeur de l'épicea (à bas le Normann !!).

Au figuré car les morts autour de moi se sont souvent profilés en fin d'année.
Ma grand-mère maternelle, mon parrain, mon père, mon oncle, mon cousin, ma grand-mère de cœur adorée et jusqu'à mon chat ont choisi de quitter notre monde fin novembre et décembre.

Je vais vous parler de ma Jeannette, la grand-mère de mon coeur qui a tiré sa révérence un 24 décembre, il y a bientôt 4 ans.
Elle me manque chaque jour de ma vie ou presque depuis.
Ca sentait le sapin, la neige et le vin chaud ce matin-là de décembre.
J'étais joyeusement installée avec ma maman dans le salon de coiffure de ma copine Sandra.
On parlait recette de dindes rôties, de bûches à la crème de marron, dans la bonne humeur quand le téléphone a sonné.
Deux petits bip-bip...
Le temps de voir le numéro qui s'affichait : le petit-fils de ma Jeannette, qui a été l'amoureux de mes 18 ans.
Un frisson glacé m'a parcouru le dos, avant même de répondre.

A cette époque j'allais rendre visite à ma maman dans le Jura chaque mois, car nous avions perdu papa en novembre de l'année précédente. A chacun de mes voyages, je passais voir "ma Jeannette".
Et je la voyais lentement diminuer et surtout perdre goût à la vie, du haut de ses 93 ans. Elle me disait "ils m'ont oublié, pourquoi ils ne viennent pas me chercher ?". Ou encore "ma maman me manque, je voudrais la rejoindre maintenant". Ils s'étaient son défunt mari qu'elle avait adoré et sa mère chérie.
Chaque fois qu'elle me raccompagnait sur son balcon, avec son déambulateur, je pensais en remontant en voiture : "pourvu que ce ne soit pas la dernière fois qu'elle me fait coucou...".
Sauf en novembre, en novembre je l'avais embrassé comme du bon pain et je lui avais dit, "on se voit après Noël, je viendrai entre les deux fêtes !" Et j'étais partie le cœur léger pour une fois, j'étais tellement sure qu'elle ne pouvait nous faire faux bond pour les fêtes.

Et puis voilà, elle s'était endormie dans son sommeil, au matin du 24 décembre,
J'aime à imaginer qu'elle avait pris sa tasse de café au lit, puis qu'elle s'était endormie en attendant l'aide soignante qui l'aidait chaque jour à sa toilette...
Cela lui ressemblait tellement de partir doucement, sans faire de bruit, sans déranger.

Cette femme extraordinaire était toujours de bonne humeur, toujours souriante, toujours contente de voir arriver du monde, toujours partante pour la fête, la joie, la cuisine. Elle avait pourtant eu sa dose de tristesse, de deuils, d'emmerdes en tous genres.

Elle m'a donné le goût de cuisiner, elle m'a appris à faire la blanquette de veau, la tarte au fromage, le gâteau de Savoie, l'omelette aux patates, les iles flottantes et bien d'autres choses encore...
Elle m'a accueilli un jour de printemps, comme la petite fille qu'elle n'avait jamais eu.
Elle avait 70 ans à l'époque, moi 17.
Nous nous sommes mutuellement plu.
Un coup de foudre amicale !
Qui a duré 22 ans ! Quelle chance de l'avoir croisé !

Aujourd'hui elle me manque cruellement. Elle ne connaitra jamais ma petite Valkyrie (qui porte Jeanne en deuxième prénom en son honneur), elle ne me dira plus jamais "ah toi tu es comme moi, tu es "plantée" ! " ou encore "Machine, oh elle est gentille, si si elle est gentille ! ". Jeannette trouvait toujours tout le monde "sympa" ou "gentille" ou "un bon gars". Elle avait le don de ne voir que le bon côté des gens. Et du coup les gens lui apportaient toujours le meilleur d’eux mêmes.

Alors oui, décembre sent définitivement le sapin. Noël a depuis 4 ans un petit arrière-goût amer et triste. Et pourtant, il suffit que je me mette en cuisine, pour avoir une pensée pour elle, pour la sentir là auprès de moi...
Elle n'aurait pas aimé voir mes larmes ou que je m’apitoie ! Elle m'aurait dit de sa voix inimitable "Oh Anne ! une aspirine, un bon café et hop on y va, c'est la vie, c'est comme ça !"

Et vous est-ce que décembre sent le sapin ?

Thème proposé par Egalimère






lundi 27 novembre 2017

Les légumes "à l'asiatique"

Devant le succès de ma photo Instagram, je mets ici ma recette de légumes à la chinoise ou à l'asiatique.

Ingrédients
Pour les légumes : Uniquement de saison !
Eté : courgettes, oignon frais, carottes, aubergines, haricots verts, pois gourmands...
Automne : poireaux, chou, oignons carottes, tiges de céleri ...
En toute saison : pousses de bambou, pousses de soja, champignons noirs

Pour les épices :
Du gingembre frais
Du gingembre en poudre
De la coriandre (fraiche ou en poudre)
Une gousse d'ail (facultatif)
De la sauce soja

Des pâtes cuites : soit nouilles de riz, soit spaghetti

Option viande :
Poulet : escalope coupée en dés
ou
Porc : escalope coupée en dés
 
Recette
Le plus long c'est éplucher et émincer les légumes.
Il faut que tout soit en "minces feuilles", comme des épluchures. Pour les oignons, je fais de simples lamelles.

Je le fais avec mon éplucheur Tupperware(R), ça fonctionne plutôt bien.

Mettre dans la sauteuse (ou idéalement le wok), une cuillère à soupe d'huile, faites chauffer puis jeter les légumes dedans. Les faire revenir quelques minutes.
Si vous avez choisi de mettre de la viande, la faire d'abord revenir, puis faire dorer les légumes.

Ajoutez les épices : 1 cuillère à café de gingembre moulu, 1/2 cuillère à café de coriandre, un morceau de gingembre frais haché fin, une gousse d'ail hachée (facultatif).
Mélanger bien
Déglacer avec la sauce soja.

Baisser le feu et couvrez pour laisser cuire5 à 10 minutes selon votre goût. Les légumes seront croquants ou fondants selon le degré de cuisson.

A part faites cuire vos pâtes.
Egouttez les et ajoutez les dans le wok, mélangez.

Au moment de servir, vous pouvez ajouter de la coriandre fraiche, ciselée.

Bon appétit !!







samedi 25 novembre 2017

Allaitement les clés - Episode 2

Allaiter c'est avant tout naturel... pour autant pas simple dans notre société occidentale où la transmission familiale n'est pas forcément au top.

La transmission par les pairs est pourtant fondamentale ! J'y reviendrai...
Je vous propose donc cet article pour vous donner, à mes yeux, les éléments clés de l'allaitement.

1- Être motivée (voire motivés car le papa doit soutenir)
Des propos démotivants vous en entendrez : votre lait n'est pas assez abondant, trop peu nourrissant, vos tétons sont trop courts, votre bébé est trop vorace, ou pas assez, l'allaitement vous fatigue trop, un "petit" biberon "de complément" lui fera du bien, etc. Bref si vous n'avez pas votre conviction chevillée au corps, vous n'allez pas tenir face à cette avalanche. D'autant que c'est souvent asséné par des figures d'autorité sage-femme, médecin, votre propre mère...

2- Faire confiance à son bébé
On ne le dit pas assez, mais l'allaitement c'est votre affaire... et celle de votre bébé ! C'est lui qui en tétant va déclencher la montée de lait.
Mettez-le au plus tôt au sein (dans l'heure qui suit la naissance si c'est possible) puis ensuite très régulièrement en attendant la montée de lait. Soit les deux ou trois premiers jours, toutes les 2 ou 3 heures. C'est la stimulation répétée qui hâte l'arrivée du lait.
Vous verrez que votre bébé va prendre en charge sa partie du travail, si vous le stimulez (parlez lui, dites lui qu'il tète bien, qu'il est en train de faire venir le lait...) et lui proposez souvent le sein. Sa succion va devenir de plus en plus experte, précise et vous allez vous habituer l'un l'autre.

3- Préparez-vous avant !
Mieux vaut avoir suivi un cours pendant la préparation à l'accouchement.
Un petit "massage" des tétons avec une brosse à dent douce sous la douche le dernier trimestre de la grossesse permet d'endurcir sa peau fragile. Et d'éviter les crevasses.
Et venir avec son matériel de base !
- une crème à la lanoline pure et hypoallergénique (Lansinoh, Fisiolan, ...)
- des bouts de sein en silicone
--> indispensables en cas de crevasses douloureuses.
- des granules homéopathiques pour stimuler la lactation (Ricinus et  Lac canina en basse dilution, parlez-en à votre sage-femme)
- un tire-lait doux (je suis personnellement fan de la marque Medela qui est très douce avec nos seins et j'ai ce tire-lait, acheté d'occasion).
Parfois les maternités en ont, renseignez-vous bien sur la votre. Vous pouvez aussi vous le faire prescrire et le louer.

4- Prévoyez une "marraine" d'allaitement
Je le disais en intro, il est indispensable d'avoir le soutien de ses pairs pour allaiter dans la joie et l'allégresse. Sinon les petites galères deviennent vite des gros coups de mou et le découragement s'installe vite, dans une période où les hormones font le yoyo !
Si vous avez des copines qui ont allaité, prenez contact avec elles avant l'accouchement ! En cas de doute, de blues, appelez-les !
Si vous êtes seule dans la région, ou si vous ne connaissez personne qui ait allaité, prenez contact avec les assos locales ou nationales : Galactée à Lyon, Leche League. Elles ont des groupes de soutien très très performants.
De plus la Leche League propose plein de fiches mémo très intéressantes pour surveiller les selles de bébé, donner un biberon si nécessaire, allaiter en cas de césarienne,

5- Se faire confiance 
C'est le maitre mot ! Vous sentez les choses, vous savez si votre bébé va bien ou s'il est en danger. C'est ce lien qui vous unit à lui qu'il faut écouter. Vous êtes la mère, vous l'avez porté, vous l'allaitez vous savez ! Ne laissez pas les autres vous faire douter.
Il faut effectivement surveiller les selles pour être sure que bébé prend bien, mais la prise de poids peut être plus modérée chez un bébé allaité, la reprise du poids de naissance un peu plus longue... si bébé ne prend pas assez, ne remettez pas en cause votre lait, mais la fréquence des tétées et la longueur. Un peu de bon sens et beaucoup d'attention seront vos meilleurs atouts !!





vendredi 10 novembre 2017

Vive le vent #10dumois

Vive le vent, vive le vent...
Vive le vent d'hiver...
Ce thème proposé par Egalimère, me fait penser à la chanson.



Chanson gaie, pour saison triste.
Le mois de novembre c'est vive la dépression hivernale, bonjour la vitamine D et adieu les journées longues.

Je déteste, pour ne pas dire je hais cette saison de l'année.
Et c'est précisément depuis l'hiver de ma première anorexie que je déteste ce mois de novembre.
J'ai eu si froid cet hiver là.
J'étais si maigre et si désespérément seule.

Ma meilleure amie ne me parlait plus, du jour au lendemain.
J'avais sombré dans l'anorexie.
Je préparais le bac.
J'avais si peur de l'avenir.
Je ne savais pas quoi faire plus tard.
J'avais un petit copain bizarre, qui ne m'aimait guère. Il me montrait comme un joli trophée surtout, moi si mince, si blonde et si fragile.

Novembre est à jamais un mois glacé dans mon cœur. Et un mois triste, même avec ma petite Valkyrie serrée sur mon cœur aujourd'hui.
Il y a deux ans j'ai perdu un bébé en novembre.
Il y a cinq ans, mon papa mourrait.
Il y a ...
Liste vaine, qu'un bon coup de vent peut balayer !

Alors vive le vent du renouveau, le spleen de novembre n'a qu'à bien se tenir !!



lundi 6 novembre 2017

Naissance, césarienne, hypertension et allaitement - Episode 1

maman en train d'allaiter
Déjà plus d'un mois que la Valkyrie a rejoint notre vie !

Une naissance qui a "comme d'habitude" suivi son cours, loin de nos "plans" et "projet de naissance".

Et oui, car notre Valkyrie étant en position transverse,la gynéco a préféré programmer une césarienne. 2 semaines avant terme !
Et j'avoue que même si je l'ai bien mieux vécu que la césarienne en urgence après 24h de travail du Petit Prince, se retrouver en 15 minutes d'enceinte à maman est assez... perturbant.

Les premiers instants ont quand même été magiques, grâce au personnel de la salle de réveil. J'étais la seule finalement ce matin là. Et la sage-femme et la puéricultrice ont été tops. Me laissant l'allaiter 15 minutes seulement après sa sortie et nous évitant la couveuse pourtant dûment exigée par le "protocole" !! L'homme, devenu "le béat papa" était là tout le temps auprès de nous.

Un allaitement qui commençait donc sous les meilleures auspices...

Las ! C'était compter sans la vilaine HTA (hypertension artérielle) qui est venue compliquer sévèrement la donne !! Et le manque de personnel de la Clinique. et l'incompétence la légèreté de ma gynéco...

En quelques mots : ma gygy avait décidé unilatéralement que "comme (je cite) j'avais dégonflé (NDLR : perdu 8 kilos) ce n'était pas de la HTA, mais un problème transitoire."
Sauf que ayant toujours 18-9 à la veille de partir, les SF du service inquiètes ont appelé l’anesthésiste (la Gynéco ne répondant pas à leurs appels) qui a décidé d'un traitement, en disant de le valider avec la gygy. Or ce médecin qui a gentiment fait l'ordonnance en l'absence de sa collègue n'était pas au courant de l'allaitement.
La pédiatre vu le jour de la sortie, elle n'était pas au courant de mon problème de tension... car pas noté dans mon dossier.

 Bref je suis donc sortie avec une ordonnance et un médoc et encore 16 de tension.

le lendemain de ma sortie, problème : la SF libérale passe, je suis à 18 9 sous traitement.
Deuxième problème : la petite avait perdu du poids. La SF a appelé l'hosto, leur a expliqué, puis est partie. A priori rien à faire, prendre le traitement.
Sauf que... la Valkyrie est tombée en léthargie totale. Elle tétait 5 minutes... puis s'endormait.
A 16h, lors du change, elle n'a pas de réaction. D'habitude, elle hurle sa rage d'avoir les fesses à l'air d'une voix mélodieuse, mélange de la tonalité de la voix de sa mère et de la puissance de celle de son père, deux grandes gueules notoires.

Là mon sang n'a fait qu'un tour. Définitivement quelque chose dysfonctionnait. J'ai couru sur le CRAT pour voir ce qui se disait sur ce médicament : déconseillé pour les femmes allaitantes.
J'ai appelé le secrétariat de l'anesthésiste à la mater... Et j'ai découvert... les lacunes d'informations des uns et des autres ! Et que moi j'étais aussi en danger, avec 18 9 depuis 2 jours !!

Direction les urgences de la mater ! Quelques larmes plus tard, j'ai eu le droit de rentrer chez moi, avec un interdit d'allaiter de 24h, un médoc qui fonctionne et compatible avec l'allaitement !! Et un bébé qui avait retrouvé son tonus habituel...

Mais ce n'est pas fini... La suite de nos aventures d'allaitement au prochain épisode !!







samedi 23 septembre 2017

L'allaitement et le portage, pourquoi c'est important pour moi

Quand j'ai eu le Petit Prince, c'était une évidence pour moi. Son père étant très allergique, je me disais que c'était le meilleur moyen de nourrir mon enfant et de minimiser les risques.
Dessin de femme allaitant son bébé

Les débuts ont été chaotiques, dès la première tétée, la puericultrice a mal positionné mon fils (avec une perf dans le bras, je n'ai rien pu faire par moi-même), une crevasse à chaque sein.
J'ai souffert et j'ai entendu des horreurs du personnel soignant mettant en doute mon lait, mes aptitudes à allaiter. J'ai reçu des avis contradictoires, des injonctions diverses et variées pour et contre... Je me suis battue pour réussir à le mettre en place et avec le Petit Prince on y est arrivé.
Je ne remercierai jamais cette maman militante active de l'allaitement qui m'a dit : "n'écoutez personne, faites vous confiance". Ça a été la délivrance. J'ai envoyé bouler le monde et j'ai continué sur mon idée.

Pour moi l'allaitement a été une réparation à mon accouchement compliqué, qui avait abouti à une césarienne.

Je m'attendais à ce que cette fois tout roule... Et voilà que la césarienne programmée vient une fois de plus rendre potentiellement difficile le démarrage de l'allaitement.
Et une fois de plus, le personnel soignant n'est pas aidant ! Cela me ramène au livre d'Elisabeth Badinter qui prétendait que les mères subissaient une pression à allaiter dans les maternités françaises... On ne fréquente pas les mêmes mater avec Mme Badinter ! Ou alors cette pression est à géométrie variable, destinée à emmerder un maximum de nouvelles mamans !
Pour ma part, je suis pour le libre choix. Que celle qui veut allaiter soit aidée et que celle qui ne veut pas soit accompagnée aussi !

J'ai entendu des témoignages terribles, des sages-femmes qui imposaient aux femmes allaitantes un régime encore plus strict que pendant la grossesse, qui leur disait qu'elles devaient absolument tirer leur lait entre deux tétées, interrompre si elles étaient malades... Des conseils complètement incohérents qui dégoutaient les femmes avant même qu'elles essaient ! Un prolongement de cette prise de pouvoir sur le corps des femmes qu'est aujourd'hui la maternité médicalisée.

Aujourd'hui je n'ai pas la sensation que l'on veut m'aider dans mon allaitement ! Au contraire ! Quand je demande une tétée précoce en salle de réveil, c'est niet ! La petite DOIT passer 1 heure en couveuse.
Du peau à peau avec papa à la place ? Non !
Pourquoi ? Aucune réponse. Si ce n'est un gentil et définitif  "ne vous inquiétez pas, ce sera fait dans les 2 heures, quand vous serez dans votre chambre".
Et bien si je suis inquiète madame la gynéco... Deux heures après la naissance c'est tard...
J'ai donc préparé mes arguments pour mon harcèlement morale en salle de réveil ! Et mes outils : granules homéo, couverture polaire et coussin d'allaitement pour pouvoir me caler avec bébé.
Je vous tiendrai au courant du déroulé des événements ! Mais je n'envisage pas de les lacher comme ça ! Le mode pittbull est en mode ON !
Pour m'aider à me préparer j'ai trouvé cet excellent article : https://www.lllfrance.org/vous-informer/fonds-documentaire/allaiter-aujourd-hui-extraits/1154-65-vivre-une-cesarienne-et-reussir-son-projet-dallaitemen


Mais parfois je me demande pourquoi nous nous sommes fait ch.. à écrire longuement un projet de naissance, pour qu'il soit piétiné et non négociable ! 

Le portage est pour moi dans la même démarche. Ne pas rompre cette proximité de 9 mois avec ma petite. Continuer en douceur à la porter, pour une séparation plus douce et plus progressive.
Quitte à passer pour une affreuse "bobo", qui va rendre son enfant capricieux... (entendu pour le Petit Prince) je suis bien décidée (et mon homme aussi) à porter ma petite en écharpe, aussi souvent que possible et aussi longuement que possible !
Dans une écharpe un bébé vit sa vie... Dort, mange, s'éveille au monde, en toute séurité.
Je me souviens que j'ai tout fait avec mon Petit Prince en écharpe : assisté à des réunions à la fac, tracté pour les municipales, manifesté, baladé au Parc, cuisiné, passé l'aspirateur, bu un verre avec mes copines...

Et vous ? Portage ? Allaitement ?

(c) Crédit photo : Pixabay